Production Netflix réalisé Mike Flanagan d’après le roman Jessie de Stephen King sorti sur la plateforme en France le 29 septembre 2017.

Avec Carla Gugino et Bruce Greenwood.

ATTENTION SPOILERS!!!

C’est un projet que j’attendais avec impatience. Quand on est enfant les premiers romans adultes que l’on lit sont souvent ceux de nos parents, et mon père avait une vingtaine de romans de Stephen King, que j’ai tous dévoré entre mes 11 et 13 ans. Jessie je n’y avais jamais touché et je comprends aujourd’hui pourquoi. Film brutal par la violence physique mais surtout par le propos, Gerald’s Game ne laisse aucun répit au spectateur en traitant des sévices sexuels qu’a subi au cours de sa vie notre héroïne Jessie, violée dans son enfance par son père et objet sexuel de son mari qui ne prend du plaisir qu’en simulant le viol. Les sévices ne sont pas montrées mais l’imagination permet l’effroi. Je peux tout voir au Cinéma, les têtes coupées, les boyaux sortis et les yeux arrachés, mais le viol je n’y arrive pas.

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Carla Gugino alias et Jesse, et son mari interprété par Bruce Greenwood

Dans la même veine que Jessie, Détour Mortel est une autre adaptation passablement abject de la nouvelle Grand Chauffeur de Stephen King. Dans ce téléfilm avec Maria Bello, l’héroïne est une auteure qui devient la proie de deux frères violeurs et de leur mère dérangée. Les trois monstres la laissent pour morte, mais c’est sans compter sur sa combativité et sa volonté de vengeance. Là aussi, le personnage, tout comme Jessie, est confrontée à des apparitions de protagonistes qui vont lui permettre de tenir et de protéger son esprit déjà traumatisé. Même si ces films sont à placer dans le porn & revenge, où comme son nom l’indique l’héroïne malgré des sévices sexuelles, réussie à prendre le dessus sur son agresseur. Cet aspect sexuel de la bibliographie de Stephen King me rebute complètement et je suis plus encline à aimer des œuvres comme Charlie, Misery ou La Petite Fille qui aimait Tom Gordon.

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Détour Mortel, Mikael Salomon, 2014

J’ai dont été rebutée par les aspects sadiques du film que j’ai d’ailleurs voulu arrêter en cours de visionnage. Mais certains éléments m’ont permis d’apprécier cette production Netflix sans non plus l’encenser. Le géant difforme par exemple caché la première nuit dans un coin de la chambre et dont le visage blafard est éclairé telle une apparition cauchemardesque par le clair de lune donne l’entrain nécessaire à l’histoire. Sa boite pleine d’ossements et de bijoux sonne comme une métaphore pour la jeune femme qui ne sait alors si cette effrayante apparition est réelle ou non. Après avoir réussi courageusement à se libérer, Jessie ne parvient pas à s’affranchir du trauma de la chambre et voit encore toutes les nuits l’apparition, cette fois ci plus cauchemardesque et fantastique. Ce n’est que 6 mois plus tard qu’elle apprend que l’homme existe réellement et est un tueur en série. Elle l’affronte d’ailleurs à son procès avec cette magnifique dernière phrase « Vous êtes plus petit que dans mes souvenirs ». Cette fin qui casse l’aspect fantastique du film m’a réellement plu d’autant plus quelle sonne comme un accomplissement de l’héroïne qui peut alors vivre en paix et se reconstruire.

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Illustration du roman montrant Jessie et l’apparition dans l’angle de la chambre

L’autre aspect remarquable du film se trouve dans le traitement du rouge, comme un leitmotiv permettant de lier les éléments perturbants passés et présents de la jeune femme, qui sont alors des métaphores filés de cette Eclipse, comme si durant toutes ces années elle était restée dans cette demie obscurité où son père l’avait monstrueusement placé. On retrouve ce carmin sanglant dans les scènes de flash-back, avec les rencontres entre la Jessie enfant et celle adulte, mais aussi avec ces yeux rouges terrifiants qui viennent la hanter une fois retournée chez elle.

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Jessie adulte est confrontée à l’Eclipse de son enfance

Même si la fin du film m’a permis de trouver quelques aspects notables, je n’ai pas pu entrer dans l’histoire étant rebutée de bout en bout par l’aspect sexuel et choquant de certains passages. Le réel attrait pour moi est la reconstruction de Jessie et sa libération de l’emprise de son père par la confrontation au géant tueur en série.