Last but not least…

J’ai vraiment aimé cette semaine avec vous. Parler d’un autre sujet que j’aime, tenter de mettre toutes sortes de BD, romans graphiques et comics pour contenter le plus grand nombre, varier avec des classiques et des œuvres un peu moins connus… Je ne me suis pourtant pas freinée pour parler de mes auteurs favoris (Alan Moore, Joe Hill, Hubert, Scott Snyder, …) malgré la volonté de diversité. Oui, je me suis éclatée cette semaine, même si c’était un rythme à tenir. Vos retours ont été adorables et si ces sept articles ont été utile ne serait ce que pour une personne alors je n’aurais pas fait cela pour rien. On reprend dès lundi le train-train ciné, deux articles sont prévus prochainement avec « Un réalisateur, 3 films » et une interview.

Sin City

Frank Miller (scénariste, dessinateur). Editions Rackham / 1991 / 7 tomes

Avec Sin City la ville du péché , Frank Miller met en scène un univers urbain nocturne en proie à la violence des passions et à la folie des hommes. Par la magie de son dessin, Frank Miller emprisonne son lecteur dans un monde oppressant. Un monde d’où ce lecteur aura bien du mal à s’échapper…

Premier comics que j’ai aimé, lu quand j’étais ado, alors que rien ne m’y destinait vraiment. Mes parents, mes frères, mes amis, personne dans mon entourage ne lisait de comics. Je suis tombée en amour pour celui ci, visuellement sublime, sombre, percutant, me rappelant en un sens le type de film que j’aimais déjà à l’époque. Sin City, c’est l’histoire d’hommes violents brisés par la vie, de femmes guerrières qui sont obligées de ne rien lâcher pour s’en sortir. Un roman noir en somme, dans une ville crasseuse fait de corruption et d’ignominie. Un grand classique.

Severed

Scott Tuft (scénariste), Scott Snyder (scénariste) et Attila Futaki (dessinateur). Urban Comics / 2013

Début du XXe siècle. Sur les routes d’une Amérique à l’aube de sa modernisation, le Mal rôde à la recherche de sa prochaine victime. Son apparence et son origine importent peu. Il est. Il est celui qui entraînera l’enfant hors des sentiers, hors d’atteinte de la civilisation, hors de portée de tout secours. Ce mal, le jeune Jack Garron l’a rencontré.

Il y a les monstres sous le lit, celui du placard, … Et dans Severed, un ogre, un vrai, dévoreur d’enfants malgré toute la modernité du monde. Et il y a des enfants assez malin pour déjouer les pièges d’un « homme » un peu trop enclin à aider. Severed, c’est les contes racontés pour enfant version adulte, sans les métaphores servies aux bambins pour aseptiser le tout. Un conte d’horreur par le génial Scott Snyder, dont je vous ai énormément parlé cette semaine.

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres

Emil Ferris (scénariste, dessinatrice). Editions Monsieur Toussaint Louverture / 2017

Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, adore les fantômes, les vampires et autres morts-vivants. Elle s’imagine même être un loup-garou: plus facile, ici, d’être un monstre que d’être une femme. Le jour de la Saint-Valentin, sa voisine, la belle Anka Silverberg, se suicide d’une balle en plein cœur. Mais Karen n’y croit pas et décide d’élucider ce mystère. Elle va vite découvrir qu’entre le passé d’Anka dans l’Allemagne nazie, son propre quartier prêt à s’embraser et les secrets tapis dans l’ombre de son quotidien, les monstres, bons ou mauvais, sont des êtres comme les autres, ambigus, torturés et fascinants. Journal intime d’une artiste prodige, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est un kaléidoscope brillant d’énergie et d’émotions, l’histoire magnifiquement contée d’une fascinante enfant.

Je crois que je suis de plus en plus sensible à la forme d’une BD, sa façon de servir le fond d’une histoire, de représenter la volonté et même le travail de base de l’auteur. J’en ai parlé pour Rusty Brown de Chris Ware et pour L’Éclaireur de Lynd Ward, également édité par le génial Monsieur Toussaint Louverture. Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, est un objet très singulier, qu’on peut qualifier de roman graphique au sens littéral du terme. Un récit long, torturé malgré des couleurs sublimes, bourré de références culturelles. Moi, ce que j’aime … a raflé tous les prix malgré (grâce) à sa singularité, permettant de recréer la BD, de la revitaliser comme rarement et de toucher tous les types de lecteurs de part son universalité.

Amazing Grace

Aurélien Ducoudray (scénariste) et Bruno Bessadi (dessinateur). Glénat / 2019 / Série en cours

USA, 2035. Huit ans après l’apocalypse nucléaire. Personne ne sait qui, pourquoi ou comment les trois quarts des États-Unis ont été ravagés. Seule une bande transversale allant de New York à la Californie a été préservée de l’hiver nucléaire. Dans cette Amérique dévastée, comme des milliers d’autres survivants, John et sa fille Grace errent sur les routes essayant de descendre vers le sud pour y trouver nourriture, travail et un climat plus clément. Sauf que Grace n’est pas une petite fille comme les autres. Elle est ce que l’on appelle une enfant de la bombe : un mutant, un monstre recouvert de poils, muni de crocs et de griffes acérées. Mais un monstre qui aime les poupées, les bonbons et les histoires avant d’aller se coucher.

L’innocence d’une enfant malgré un physique animal, l’amour d’un père qui veut préserver une enfance mise à mal dans un monde post apo. Amazing Grace, c’est la naïveté d’une enfant face à la cruauté d’un monde qui se meurt. Lu dans une sublime édition en noir et blanc, Grace est une petite fille dont j’ai hâte de suivre les prochaines aventures. Une pépite qu’il ne faut surtout pas sous-estimer.

Lady Killer

Joëlle Jones (scénariste, dessinatrice) et Jamie S. Rich (scénariste). Glénat / 2016 / 2 tomes

Deux filles blondes comme les blés, un job de vendeuse de cosmétiques à domicile, un mari occupé qui rentre tard du travail… en apparence, Josie Schuller a tout de la mère de famille idéale. Mais elle a un secret : c’est aussi la plus impitoyable des tueuses à gage ! Josie partage son quotidien entre l’entretien de son petit foyer irréprochable et l’exécution d’assassinats de sang-froid pour de dangereux commanditaires. Mais son idée du parfait rêve américain risque bien de se briser lorsque c’est elle qui se retrouve dans la ligne de mire…

Vous vous souvenez de l’image qui tournait sur les réseaux de Barbie nettoyant le carnage de la cuisine avec la tête de Ken dans le congélo? Et bien avec Lady Killer, il y a un peu de ça! Femme au foyer modèle le jour, meilleure tueuse à gage la nuit, Josie est la femme à contre emploi dont on avait besoin, avec son dessin façon 50’s et ses effusions de sang n’entachant pas un brushing impeccable. Un girl power sauce ketchup dessiné par la géniale Joelle Jones (Super girl, Catwoman, Wonder woman, …).